Si nos élèves se sont plaints l’année dernière de
l’épreuve de philosophie, cette année c’est le français qui a été une
mauvaise surprise pour eux. Un « massacre » selon certains collègues
pour nos pauvres élèves de la 1
ère bac. Sur cent vingt
copies que j’ai corrigées, il y a eu trois moyennes seulement ! Pour
mes collègues, c’était à peu près la même chose ! J’appelle donc les
responsables à l’académie de l’Oriental de revoir les notes obtenues au
niveau de notre région et de nous communiquer le taux exact des élèves
qui ont eu la moyenne. En attendant, formulons quelques remarques à ce
sujet à l’intention du service des examens:
1-Le handicap du lexique :
La majorité des élèves ont trouvé le texte inaccessible, les questions
difficiles et la production écrite pas évidente. Bref, l’évaluation a
porté sur la maîtrise du vocabulaire plus que sur l’analyse ou la
production où l’élève puisse faire preuve de ses compétences. La Planète des singes dont
le texte a été extrait est l’œuvre qui pose plus de problèmes à nos
élèves du point de vue lexical. Dans ce texte, l’on peut lire des mots
et expressions loin d’être évidents pour l’élève moyen, je ne parle pas
bien sûr de ceux qui suivent des cours à l’Institut français. Mais
pensons aux élèves de Farkhana, Hassi Blal, Lamrije et Bnitjit. En
voici des exemples :
« la laisse, illustre, simien,
solliciter, jurer, assemblée, articuler, distinctement, abasourdis,
enragé, submergé,une faveur, stupéfaction, un ouragan, secouer, une
masse hystérique, les hourras, un crépitement, magnésium, recouvrer, le
tumulte, le congrès… ».A part le terme ouragan », aucun de ces mots n’a
été expliqué en bas du texte.
Bon, on me dira que l’on
cherche à évaluer la compétence de la compréhension d’un document
écrit. D’accord, à condition de ne pas dépasser 3 questions qui doivent
porter sur le lexique et le sens. Mais la réalité était autre, puisque
la plupart des questions passent par le lexique.
2- Une figure de style pas comme les autres !
Une élève est venue me voir juste après l’examen me demandant si cette phrase contient une allitération « un ouragan, succédant au silence, secoua l’assemblée
». J’ai bien dit « oui », puisqu’il y a répétition 4 fois du phonème «
s ». Mais par la suite, j’ai entendu un collègue parler d’hyperbole,
sur une autre copie que j’ai corrigée, j’ai trouvé « antithèse :
silence vs ouragan »…un autre dira « une métaphore ». En réalité, il
faut accepter toute ses réponses, au moins au niveau de nos élèves,
bien sûr, pour un niveau supérieur, le candidat est sensé distinguer
les subtilités entre une métaphore et une hyperbole.
3-La production écrite :
Les élèves sont habitués à avoir deux sujets au choix, mais cette
fois-ci ils n’en ont eu qu’un seul et qui lui aussi contient des mots
difficiles « sensible et fragilité ». Si c’est une nouvelle note
ministérielle qui le demande, les parents d’élèves doivent militer pour
la revoir. En plus, il pose une problématique philosophique « le
concept de la force et celui de la faiblesse, la relation avec autrui,
la question de la morale… ». Doit-il raconter ou argumenter ? ou les
deux ? Ce sont la les compétences à évaluer chez lui. Mais s’il ne
comprend pas le sujet, nous ne pouvons pas connaître son niveau. Sur
certaines copies, j’ai trouvé une définition scientifique de la force «
dans le domaine de la physique ». Il faut donc s’attendre à n’importe
quoi quand nous formulons mal la consigne.
Les collègues
qui ont fait l’épreuve sont loin du terrain ou ils ont voulu être plus
royalistes que le roi. Ils veulent peut être que nos maîtrisent le
français plus que les français. La victime c’est l’élève et nous
enseignant qui pratiquons dans le terrain. Toute la confiance que nous
avons créée chez lui s’évapore le jour de l’épreuve. Il cherchera alors
à avoir sa moyenne par ses propres moyens que nous appelons «
malhonnêtes », quitte à écrire un texte sur le « terrorisme » ou « la
médecine traditionnelle » !
Mohamed ES SBAI
Source : www.oujdacity.net
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